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74 entries categorized "Des humains et une petite planète"

vendredi 19 juin 2009

Burqa : le regard des hommes

En 1978, mon père travaillait en coopération en Iran et j'y suis allée en vacances avec une amie. Nous étions à quelques jours du début de la révolution iranienne, les tensions étaient fortes, le ras-le-bol du comportement indécent d'une élite bling-bling avaient radicalisé les positions morales et religieuses.

Pour pouvoir visiter les mosquées, nous avions 19 ans, nous étions accompagnées par un Iranien et nous avons respecté les prescriptions culturelles du pays dans lequel nous nous trouvions : pour visiter les mosquées, superbes,  nous avons porté le voile des iraniennes, ce grand voile noir accroché entre les dents, qui ne laisse apparaitre qu'un œil et couvre tout le corps.

J'ai alors découvert ce que l'on ressent quand on est ainsi empaqueté dans un grand sac noir.

Et je dois vous dire ma grande surprise devant le sentiment de paix que j'ai ressenti à ne plus sentir sur moi les regards des hommes et les commentaires, souvent manifestement obscènes, auquel nous avions droit parce que  nous étions femmes et jeunes, à chaque fois que nous nous promenions dans la rue, même si nous étions habillées de façon très décente (pantalon et tunique manches longues) et accompagnées d'un interprète, donc d'un parrainage masculin.

Interdire la burqa ne résoudra pas ce problème fondamental : la difficulté, pour un certain nombre de femmes et en particulier les jeunes femmes, de pouvoir se promener dans des lieux publics sans être l'objet de regards, de mots, voire de gestes qui sont autant d'atteintes à leur vie privée. Quelle jeune femme ne peut vous raconter son hésitation à marcher dans la rue le soir, attendre au comptoir de certains cafés, se rendre dans des lieux professionnels à majorité masculine ?

Car le vrai problème, ce n'est pas le comportement des femmes comme le stigmatisent certains religieux de tous bords, c'est l'incapacité d'un certain nombre d'hommes à conserver pour leur vie privée leurs désirs, leurs commentaires et à ne pas prendre en otage de leurs fantasmes ou de leurs besoins de domination les passantes, en particulier quand elles sont jeunes et timides.

Regardez ce que supportent les adolescentes qui rentrent chez elles le soir dans les gares ou dans certains quartiers et vous comprendrez mieux pourquoi elles peuvent choisir

Plutôt que d'interdire, solution qui radicalise sans éduquer, nous devons redonner aux femmes qui se cachent le coruage de se montrer, nous devons réclamer que les religieux, dans un pays de droit et d'égalité prennent en compte l'éducaiton des  garçons et le respetc qu'ils doivent avoir dans leurs comportements publics et privés.

Et nous devons  sanctionner les comportements obscènes ou machistes et les contraintes  vestimentaires qui ne seraient pas choisies : le film "la jupe" a rappelé combien il était difficile d'être identifiée comme femme sans être traitée de pute, ne nous trompons pas de combat.

dimanche 31 mai 2009

Merci à la CIMADE et au Tribunal administratif de nous avoir rendu un peu de dignité

Extrait de l'ordonnance de référé du 30 mai 2009 du Tribunal administratif de Paris sur le recours formé par la CIMADE contre les marchés d'information des étrangers en centres de rétention lancés et signés par les ministres Hortefeux et Besson :

“Considérant que pour assurer l’exercice de ce droit, le caractère “effectif” voulu par le législateur, l’action de soutien prévue ne peut s’entendre que comme comportant une assistance juridique, concrète et immédiate, à l’étranger retenu, de façon à lui permettre, notamment, de former, dans un délai très bref, un recours contentieux contre la mesure d’éloignement devant le tribunal administratif; qu’elle impose, par suite, qu’un intervenant possédant les connaissances juridiques nécessaires, soit à même d’assister l’étranger qui le souhaite, dès son arrivée dans le centre de rétention, en vue de la rédaction de sa requête; que la seule diffusion d’informations et la mise à disposition de documentation à l’étranger retenu, qui maitrise souvent mal la langue française et n’a pas de compétences juridiques, ne peuvent être regardées comme assurant à l’étranger retenu l’assistance juridique ainsi définie”.

La CIMADE est confirmé dans ses responsabilités d'assistance juridique pendant 6 mois, en l'attente du jugement sur le fond et d'un éventuel nouvel appel d'offres.

mercredi 01 avr 2009

300 noyés en Méditerranée : qui préviendra leur famille ?

Plus de 300 personnes noyées, cela ferait un reportage de plusieurs pages qu'il s'agissait d'un bateau de croisière ou d'un ferry. Là, juste quelques lignes pour dire que la mer était mauvaise, d'autre pour préciser que les pêcheurs ramassent les corps dans leurs filets. Un gamin mordu par des chiens suscite plus d'intérêt.

Il est scandaleux de constater avec une telle indifférence ces mesure d'exclusion à nos frontières qui, pire que la reconduite, se traduisent par la mort.

Et il est indispensable de revenir sur les directives européennes et de mettre en place de véritables politiques de coopération et de migration qui d'abord permettent de travailler dans son pays - et la lutte contre la corruption fait partie des outils incontournables - , ou de leur permettre de partir travailler à l'étranger quelques années. Il est indispensable que la crise économique ne provoque pas un repli de pays riches sur leurs problèmes mais s'accompagnent d'une redistribution plus équitables des richesses.

En attendant que le poids des opinions fassent bouger nos dirigeants, tous ces morts, ces jeunes hommes, ces femmes et ces enfants dont on ramasse les corps sur nos côtes, qui préviendra leurs familles qu'ils se sont noyés et qu'il ne faut plus attendre leur retour ?

Toutes les familles de marins connaissant ce drame affreux des disparus en mer, ceux dont on ne sait jamais si par quelque miraculeux hasard ils n'auraient pas survécu, été repêchés....

Alors, plutôt que de faire des contrôles ADN pour vérifier que les liens affectifs de parenté s'accompagnent de liens biologiques, il vaudrait mieux assurer à tous ces corps une véritable identification, comme il est la règle en médecin légale pour les corps non identifiés, afin de permettre à leurs familles de savoir ce qu'ils sont devenus et de faire leur deuil.

Les étrangers pauvres ont eux aussi droit au respect dû aux morts et au chagrin des familles. N'ajoutons aps l'ignominie à la frilosité.

lundi 30 mar 2009

Solidarité avec les étrangers : le PS dépose une proposition de loi Welcome

Il est frappant de constater à quel point la rolex de Seguela ou les taux d'impôts locaux font plus de papier que les droits de l'homme et du citoyen.

Le PS, au nom du député de Seine-St-Denis Daniel Goldberg, a déposé une proposition de loi dite proposition Welcome pour supprimer le caractère délictueux de l'aide de solidarité aux ressortissants étrangers séjournant dans notre pays, délit inventé par notre président de la république et sa majorité, au mépris de toutes les conventions internationales signées par la France.

Vous trouverez ci-joint le texte intégral de la proposition Téléchargement PSGoldberg.

La vidéo ci-dessous pose les termes de ce débat bien connu de toutes les associations et qu'a remarquablement mis en lumière récemment le film de Philippe Lioret, Welcome.

La proposition sera débattue à l'Assemblée le 30 avril 2009.

mercredi 18 fév 2009

Manifeste de 9 intellectuels antillais : pour que la politique redevienne créatrice de sens partagé

AntillesNos concitoyens antillais sont aussi nombreux à vivre en métropole que dans leurs îles et nous avons besoin de mieux les connaitre, de mieux les comprendre.

Le texte ci-dessous, écrit par 9 intellectuels antillais, redonne au vivre ensemble et à l'humanité une dimension créatrice qui fait souffler un grand vent de dignité et de fierté.

Bien sûr que l'expérience du XXe siècle a prouvé que les plus belles utopies devenaient de véritables cauchemars quand elles voulaient être imposées au lieu de s'appuyer sur le libre choix démocratique et la conviction.

Mais ce début de XXIe siècle, où les citoyens se plaignent des spéculateurs tout en cherchant les placements garantis défiscalisés sans s'occuper de l'accès à l'emploi des jeunes qui n'ont pas de piston, ce XXIe siècle de petits arrangements avec sa conscience est bien inintéressant car il nous renvoie à nos égoïsmes et nos médiocres appétits de réussite personnelle au lieu de nous pousser à imaginer un réel différent.

C'est un peu long, très beau et je vous en conseille vraiment la lecture, tranquillement, pour le plaisir de vous dire que les Antilles, ces petites iles françaises depuis le XVIIe siècle, dont les paysages de carte postale font parfois oublier l'histoire tragique et l'économie post-coloniale, sont le creuset d'une littérature dont nous sommes en métropole très fiers de pouvoir nous l'approprier et la faire connaitre (téléchargement possible en fin de texte).

MANIFESTE POUR LES "PRODUITS" DE HAUTE NECESSITE
Par Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William

C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle –– à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj – qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé – est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

GRÈVE LÉGITIME

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

Dès lors, derrière le prosaïque du "pouvoir d'achat" ou du "panier de la ménagère", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

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vendredi 06 fév 2009

Janine Haddad nous a quittés et elle va nous manquer

Janine Haddad, vice-présidente socialiste de la région Ile-de-France, est morte des suites d'un cancer, dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 février, à son domicile de Sarcelles (Val-d'Oise).

Janine haddad Née à Tunis en 1952, médecin, elle était conseillère régionale d'Ile-de-France depuis 1998 et vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, chargée de l'international, depuis 2004.

Proche de Dominique Strauss-Kahn, Mme Haddad était conseillère municipale depuis 2001 de la ville de Sarcelles, qui fut le fief de l'actuel directeur général du FMI. Elle avait été candidate en 2002 aux élections législatives dans le Val-d'Oise (6e circonscription d'Enghien), obtenant 38,7 % des voix..

Vice-présidente chargée des relations internationales, elle s'est battue inlassablement pour faire de la coopération décentralisée du cosneil régional d'ile-de-France un outil au service de la paix, de l'égalité, du partenariat. En Afrique, en Amérique du Sud, en Asie, au Proche-orient, elle a développé des projets pour garantir l'accès à l'eau, aux soins, à l'éducation et favoriser tout ce qui peut permettre aux population des régions partenaires de prendre en main leur destin pacifiquement et démocratiquement

Depuis des mois elle se battait courageusement, toujours sourioante, souvent épuisée, présente en séance avec des turbans d'une élégance mémorable, même quand elle arrivait à peine à marcher. On parle beaucoup des élus qui sont lâches ou cupides ou médicores, personne ne parlera assez de ceux qui sont courageux, dévoués, et qui se consacrent jusqu'à leur dernier souffle au service de lerus convixctions, de l'amélioration de vie de leurs concitoyens, d'un espoir d'avenir meilleur, parfois en y sacrifiant leur famille ou leur santé.

 Elle va nous manquer, elle va me manquer.,

mercredi 04 fév 2009

Intervention de Mahmoud Abbas au Parlement européen

Arton643 Mahmoud Abbas, président de l'autorité palestinien, est intervenu lors de la séance plénière du Parlement européen aujourdh'ui à Strasbourg. Shimon Peres, premier ministre israêlien, a décliné l'invitation en raison des cérémonies des 60 ans d'Israël.

Une intervention digne et émouvante, qui a beaucoup mis l'accent sur les souffrances -réelles - du peuple palestienien, qui a rappelé combien la dernière guerre avait détruit l'essentiel des infrastructures et des activités économiques qui avaient été mis en place depuis 15 ans avec l'appui de l'Union européenne.

Une intervention néanmoins très étriquée, qui jamais n'a mentionné le Hamas et les problèmes d'unité politique palestinienne, se contentant de renvoyer aux accords de 1967 et à la résolution 1515 de l'ONU dans uen posture de victime. Il a récalém l'aide de l'UE pour disposer d'une force internationale de paix et réaliser correctement les prochaines élections présidentielles et législatives.

Pourtant le président du Parlement européen, Hans-Gert Pottering, a très justement rappelé la nécessité d'organiser l'union inter-palestinienne, avec l'aide l'Egypte, pour pouvoir légitimer ensuite une véritable négociation, la nécessité de faire cohabiter deux Etats sûrs et respectés, rappelant "qu'un enfant palestinien, comme un enfant israelien, a le droit de jouer au foot ou d'aller à l'école sans craindre de mourir".

Au final, un sentiment d'assister à une histoire qui bégaie depuis 60 ans, où les morts s'accumulent et où les haines s'enkystent, entre israeliens et palestiniens, entre israeliens et arabes mais aussi entre palestiniens, chacun d'arcboutant sur son morceau de terre et sa religion.

A quand un Etat laique interconfessionnel au Proche-Orient ?.

lundi 02 fév 2009

Nos impôts ne sont pas une perte de pouvoir d'achat mais un pouvoir d'achat collectif

Il est assez ahurissant d'entendre dire que les impôts seraient une parte de pouvoir d'achat.

Qu'est-ce que c'est un impôt ? C'est la transformation d'un pouvoir d'achat individuel en une pouvoir d'achat collectif : l'argent ainsi collecté sert à financer des services publics c'est-à-dire des emplois non délocalisables, des investissements en infrastructures, réalisés sur le territoire national donc faisant travailler pour la plus grande partie des salariés nationaux et des achats de fourniture.

Il s'agit donc d'un pouvoir d'achat groupé, qui soutient en priorité l'emploi, est non délocalisable et assure des garanties de service à tous quel que soit le niveau de revenu ou l'aléa de vie.

Le vrai problème en période crise n'est donc surtout pas l'impôt, il est plus intéressant de financer des agents des services publics locaux, qui vont consommer localement, que des actionnaires qui vont spéculer et réinvestir ailleurs.

Non le vrai problème se situe sur 3 points qui n'ont rien à voir avec le montant des impôts :

  • la répartition de la collecte  : ils doivent payés par tous, pour étaler le coût des services sur le plus grand nombre de gens, ils doivent être proportionnels et progressifs pour que la contribution soit adaptée aux revenus de chacun
  • l'usage de ces impôts: ils doivent garantir des services de qualtié à tous les citoyens, pas seulement aux plus démunis.
  • la qualité et la compétitivité des services rendus : pour justifier ces "achats groupés" il faut apporter une plus-value, plus-value par rapport au coût du risque (ex: assurance maladie), plus-value par rapport à la qualité du service rendu (ex: crèches), plus-value par rapport aux bénéfices escomptés (ex: éducation).

Donc, en période de crise, acceptons de payer plus d'impôt pour regrouper notre pouvoir d'achat en une force d'orientation plus importante des emplois et des investissements mais soyons exigeants sur la qualité des services rendus, rappelons à chaque agent public que nous lui faisons confiance pour réussir ses missions  et refusons catégoriquement que certains puissent gagner beaucoup et payer de moins en moins.


dimanche 11 jan 2009

Conflit israêlo-palestinien : la mémoire de la 2e guerre mondiale et des conventions de Genève oubliée

Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 août 1949

Adoptée par la Conférence diplomatique de Genève (21 avril au 12 août 1949) le 12 août 1949. Entrée en vigueur le 21 octobre 1950.

Ratifié par Israël le 6 juillet 1951
Ratifié par la Palestine le 21 juin 1989

Les Conventions de Genève adoptées avant 1949 ne concernaient que les combattants, et non les personnes civiles. Les Règlements concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre, annexés aux Conventions de La Haye de 1899 et 1907, contenaient quelques règles élémentaires relatives à la protection des populations contre les conséquences de la guerre et à leur protection dans des territoires occupés. Lors de la Première Guerre mondiale, les dispositions du Règlement de La Haye se sont montrées insuffisantes face aux dangers provenant du développement de la guerre aérienne et à l'égard des problèmes concernant le traitement des civils sur un territoire ennemi et dans des territoires occupés.

Les Conférences internationales de la Croix-Rouge des années 20 furent un premier pas vers l'établissement de règles supplémentaires pour la protection des civils en temps de guerre. La Conférence diplomatique de 1929, qui révisa la Convention de Genève sur les blessés et malades et établit la Convention sur le traitement des prisonniers de guerre, se borna à émettre le voeu que "des études approfondies soient entreprises en vue de la conclusion d'une convention internationale concernant la protection des civils de nationalité ennemie qui se trouvent sur le territoire d'un belligérant ou sur un territoire occupé par lui".

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jeudi 08 jan 2009

Conflit israelo-palestinien : renforcer le soutien à la paix, pas la haine

En tant qu'élus locaux, responsables publics français, c'est-à-dire étrangers au conflit,nous avons la responsabilité de soutenir une demande globale de paix et de négociation et le refus de toute agression physique et militaire, car nous sommes garants du fait que le conflit là-bas, qui est un conflit économique, démographique et idéologique majeur, ne devienne un conflit prétexte ici où il serait récupéré par les extrêmes de tout poil sans que cela permette de construire la moindre solution.

Soutenir ceux qui essaient de faire croire que, dans une guerre il y a les bons d'un côté et les méchants de l'autre, c'est rentrer dans le jeu de la guerre des civilisations qui alimente tous les marchands d'armes. Tous les israéliens ne soutiennent pas la guerre et tous les Palestiniens ne soutiennent pas le Hamas et il y a clairement des enjeux de pouvoir interne d'un cynisme total entre ceux qui ont envoyé des roquettes pour déclencher une riposte et ceux qui organisent une guerre quelques semaines avant leurs élections législatives.

Mais il y a aujourd'hui bien plus de  morts en République Démocratique du Congo chaque jour que durant la guerre israélo-palestinienne en un an : pourquoi cela nous dérange-t-il si peu d'un côté et pourquoi réagissons-nous de façon si épidermique de l'autre ? Les émotions nourrissent les conflits, elles ne les résolvent pas. Et, si nous voulons avoir une analyse correcte, nous devons comprendre nos émotions, pas nous laisser déborder par elles. Les couloirs humanitaires pour sauver des enfants nous réconfortent mais l'objectif est-il vraiment de créer des centaines d'orphelins dont les enfants seront eux-mêmes pris en otage car cela n'aura en rien fait avancer la paix ? L'humanitaire, politique de l'urgence, n'a de sens que s'il s'accompagne d'une véritable politique de la paix durable.

La première condition pour la sortie d'une guerre c'est de reconnaitre à l'autre le droit d'exister en paix. Il n'est jamais légitime de tuer autrui, quelles que soient les raisons invoquées.

La deuxième réflexion c'est que tous les conflits horribles qui ont lieu dans le monde s'appuient sur des identités religieuses et/ou raciales pour légitimer l'extermination ou la domination et occulter les enjeux économiques sous-jacents.

Et le discours public actuel en France renforce encore cette impression que seules les identités religieuses structurent notre mode de pensée. Pourtant, dans notre pays, la majorité des habitants se déclarent sans religion ou non pratiquants : cf.. Sondage CSA 2006-2007

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jeudi 01 jan 2009

Année 2009 : quelle société pour le XXIe siècle ?

La décadence d'une société commence quand l'homme se demande : "Que va-t-il arriver ?" au lieu de se demander : "Que puis-je faire ?".
Denis de Rougemont

La crise financière vient de consacrer l'échec d'un régulation politique qui privilégie les intérêts particuliers des plus astucieux, des plus fortunés, au lieu d'imposer des règles qui préservent l'intérêt général.

Il n'y a pas de richesses collectives créées quand des jeux spéculatifs peuvent entrainer le licenciement, la misère, le désespoir de milliers voire de millions de personnes.

Et c'est bien ce mythe que les comportements débouchent nécessairement sur un mieux être collectif qui est en débat aujourd'hui : la Bourse a perdu 42% en 2008 mais certains actionnaires ont gagné en spéculant à la baisse pendant que d'autres perdaient la totalité de leurs économies ou de leurs salaires. Et la pression sur les profits pour compenser ces pertes fera peser dans les mois à venir la crise sur les salariés avant put et, parmi eux, les plus vulnérables, les plus "remplaçables"

Alros posons-nous chacun la question : que pouvons-nous faire ?
Pour refuser les rendements spéculatifs si nous avons les moyens d'une épargne,
Pour développer les solidarités dans notre entrerpises, notre quartier, notre immeuble,
Pour inventer d'autres façons de produire, distribuer, diffuser les richesses,
Pour refuser les affrontements, les manipulations, les recherches de boucs émissaires,
Pour participer, proposer, rechercher des solutions de compromis qui favorisent l'intérêt général même aux dépens de nos intérêts particuliers.

Que 2009 soit pour chacun d'entre nous l'année de l'engagement pour une autre société, qui a compris les erreurs et les errements des siècles précedents et veut être digne du XXIe siècle

mercredi 26 nov 2008

Une analyse intéressante de la crise actuelle

La fin des Vingt Perverses (le nom de l'auteur est à la fin, de façon à ne pas fausser votre appréciation)

La crise financière, depuis le tour spectaculaire qu'elle a pris au mois de septembre, a donné lieu à un très
grand nombre d'analyses convergeant toutes, par-delà la diversité des cheminements et des explications,
vers une dénonciation de la finance, et de ses excès, comme seul grand coupable. Dans un étonnant
consensus – impliquant des prises de parole à front renversé, comme celle de Nicolas Sarkozy,
s'endormant un soir apôtre du libre-échange pour se réveiller le lendemain, à Toulon, prophète de la
régulation – nombre de voix se sont élevées pour demander la tête des financiers, et réclamer le retour à
« l'économie réelle », parée de toutes les vertus.

Cette vision ne nous satisfait pas. Elle a bien sûr sa part de vérité et même d'évidence – ces dernières
semaines, les jongleras complexes des financiers autour des produits immobiliers, appâtés par l'argent
facile et la carotte des primes et des bonus toujours plus élevés, ont été dûment décrits et analysés. Que la
crise financière soit de la responsabilité de la finance est une lapalissade. Mais cela ne nous dit rien des
conditions d'apparition précises de cette crise. Elle n'est pas apparue à n'importe quel endroit du système
financier, ni à n'importe quel moment de son histoire. Son déclencheur a été la politique américaine du
logement, menée par l'administration Bush depuis huit ans. Si nous voulons tirer toutes les leçons de cette
crise, et l'utiliser pour remettre efficacement en cause le modèle économique que nous dénonçons, c'est
par là que nous devons commencer notre analyse.

Que s'est-il donc passé en Amérique ?

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mercredi 05 nov 2008

Obama, le candidat qui a refusé de gagner grâce à la haine

Obama_3 La victoire de Barack Obama est porteuse d'un immense espoir aux Etats-Unis comme dans le reste du monde.

Mais cet espoir dépasse largement sa couleur de peau parce que, justement, il a bâti toute sa campagne électorale sur le fait que ce n'était pas la couleur de peau le plus important, mais la réalité de la fraternité entre les gens.

Alors que G Bush avait partagé le monde entre les bons et les méchants, les chevaliers blancs et les terroristes noirs, la grande victoire de Barack Obama, c'est d'avoir effacé des années de haine, de rancœur, de discrimination, négative ou positive, en se positionnant comme homme et comme citoyen, porteur d'un avenir et non pas seulement héritier d'un passé.

La grande innovation de la victoire d'Obama, c'est d'avoir fait accepter à une majorité d'Américains que, si nous héritons tous sans en être responsables de notre couleur de peau, de nos racines, c'est ce que nous en faisons qui compte, notre capacité à respecter les autres sur leurs actes et à en être respectés comme tels, à nous battre au nom de nos valeurs et nos réalisations en chercahtn à rassembler et non sur une réparation historique ou un désir de domination et que c'est là-dessus que nous serons jugés.

Il est frappant de constater que cette campagne respectueuse des différences, porteuse d'un message de rassemblement, a probablement été boostée quand le camp républicain a choisi comme candidate à la vice-présidence une femme catégorie pitbull, qui a enflammé à nouveau la haine, l'amertume et le désir de revanche. Les Américains ont enfin dit non à la haine et à la peur.

Le discours de Mac Cain reconnaissant sa défaite était lui aussi un discours de respect du suffrage et de rassemblement derrière le nouveau président, le reconnaissant dans toute sa légitimité, comme vainqueur du scrutin, jamais il n'en a parlé comme du "candidat noir" mais bien comme du "candidat démocrate" et comme du "président des Etats-Unis" à qui tous, quelqu'ait été leur vote, doivent aurjoud'hui respect et loyauté.

Une leçon de démocratie.





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jeudi 09 oct 2008

Crise : nationaliser les pertes et préserver les profits ?

Le débat sur la crise économique actuelle me flanque le tournis : cela fait 6 mois que le gouvernement cherche 1 milliard d'euros pour le RSA, l'endettement des pays les plus pauvres doit avoisiner les 400 milliards d'euros et, subitement, les milliards d'intervention publique voltigent tous les matins dés le petit déjeuner: 30 milliards par ci, 700 milliards par là.

Désolée, je ne suis pas calibrée pour traiter avec une telle désinvolture de telles sommes et j'ai du mal à comprendre pourquoi, quand ds gens gagent des millions, il faut qu'ils bénéficient d'un bouclier fiscal et, quand les mêmes perdent des milliards, il faut qu'il bénéficient d'un filet de secours social.

Parce que tous ces milliards, il vont nécessairement venir de la poche des contribuables. Et, si rien n'est fait pour réviser les règles fiscales et mettre à contribution les hauts revenus et ceux qui ont fait des plus-values spéculatives, de la poche de ceux qui n'ont justement pas gagné des millions et qui, par dessus le marché, risquent de perdre leur emploi ou de se serrer la ceinture parce que quelques uns se sont goinfrés sans précaution.

Le fonds d'intervention à la Paulson ou à la Sarkozy, qui rachètent les actions pourries sans interdire la spéculation à la baisse sur les marché, limiter les salaires et autres primes et mettre en place des conditions de remboursement et de partage de la charge financière, cela ressemble terriblement à une affaire récente, l'histoire du Crédit Lyonnais : une banque mal gérée, qui fait des acrobaties et coute une fortune aux contribuables sans être obligée de rembourser les dits-contribuables quand cela va mieux.

Donc, ma réaction de citoyen c'est de dire qu'il faut bien sûr sécuriser le système bancaire et les épargnants mais avec quelques garanties :

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mardi 30 sep 2008

Etats-Unis : la crise butte sur les outrances du présidentialisme

La gestion personnelle et centralisée par Georges Bush de la fonction présidentielle, où il a négligé de travailler en permanence avec la majorité du Parlement, les traitant comme quantité négligeable, vient de lui exploser à la figure.

Alors que le système financier américain asphyxie progressivement face aux conséquences de sa gloutonnerie irresponsable, le plan Paulson a été refusé autant parce qu'il protégeait plus les spéculateurs que les victimes que parce que les députés ne sont plus en phase avec la politique américaine que le président et ses principaux collaborateurs conduisent avec une arrogance totale ces dernières années.

La cohésion nationale en se décrète pas : elle ne peut fonctionner en période de crise que si elle a été construite durant des années de confiance, de travail démocratique respectueux des rôles respectifs de la majorité et de l'opposition.

Pour avoir cru qu'être président de la république c'était être maitre du monde, G Bush va enfoncer son pays dans la crise économique faute d'avoir pu juguler la crise financière et offrir à ses ennemis, car l'Amérique est un pays en guerre, un formidable espace de vulnérabilité.

Comme le reste du monde, l'Europe et la France vont en payer les conséquences.

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jeudi 11 sep 2008

Les armes, l'échec absolu du dialogue et du droit

Vous pourrez visionner dimanche 15 sur France 2 à 16h15 l'émission de Guillaume Durant "L'objet du scandale" sur le thème des armes.

Comme le titre l'indique, il s'agit de provoquer la réflexion et le débat à une heure de grande écoute plus que d'approfondir tel ou tel aspect du sujet comme le remarquable documentaire récemment diffusé sur Arte sur le trafic d'armes et qui explique qu'il y a actuellement chaque jour, en république démocratique du Congo, l'équivalent en nombre de morts d'un attentat du 11 septembre.

J'ai été invitée à participer à la première partie de cette émission, consacrée à la fascination exercée par les armes sur de nombreux individus, en tant qu'élue de Nanterre, survivante de la tuerie du conseil municipal de 2002. A la même table ronde, un parlementaire UMP, Olivier Dassault, un avocat Emmanuel Pierrat, un cinéaste de polar Alain Cornuau, un ancien braqueur rappeur Alibi Montana, un acteur engagé aevc Amnesty international sur la campagne pour le contrôle des armes, Benoit Murracciole, avec, en complément, un psychanalyste, un historien d'art et un autre journaliste.

Une table ronde très masculine mais parlant des armes avec une méfiance certaine, à l'exception notable d'Olivier Dassault, manifestement convaincue que les gentils devaient être prêts à ôter la vie aux méchants et expliquant que al société Dassault ne vendait pas des armes mais des "vecteurs de paix". De mon expérience vécue les "vecteurs" de 9mm font des blessures très graves ou qui tuent, les "vecteurs" de puissance supérieure font des morts en pagaille et des blessés irrémédiablement mutilés

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jeudi 04 sep 2008

A ceux qui nous gouvernent et à ceux qui y prétendent

"Le démocrate est modeste ; il sait qu’il ne sait pas tout, il accepte de réfléchir aux arguments de ses adversaires.
Celui qui vit la politique comme une guerre n’a aucune raison d’être modeste, et remplace la modestie par la haine (pour se maintenir au pouvoir )".                
Albert Camus

mercredi 27 août 2008

Abkhazie, Géorgie : l'Europe aura-t-elle le courage de demander l'indépendance de la Tchétchénie ?

Le duo Poutine-Medvedev vient de faire un faux pas majeur : utiliser de façon artificielle le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Si leur cynisme pour conserver la main mise totale sur le gaz et le pétrole, la réaction pusillanime de l'Europe et la précipitation de Sarkozy à avoir un accord à n'importe quel prix ont donné des résultats qui s'avèrent catastrophiques. Les dirigeants russes, sûrs de leur puissance, sont en train de nous faire un nouveau Dantzig dans une Europe de l'Est dont ils n'ont jamais accepté qu'elle échappe à leur empire. Et ils soutiennent aussi les plus durs des pays musumans (vente d'armes à la Syrie... et à d'autres)

Pourtant L'Europe ne manque pas d'armes diplomatiques :

  • qu'attendons-nous pour accepter la Turquie afin de proposer aux pays à majorité musulmane un espoir de développement économique par la démocratie et non par le terrorisme, les trafics ou la guerre ?
  • quand allons-nous demander officiellement à la Russie de proclamer l'indépendance de la Tchétchénie ?
  • sommes-nous capables de mettre la Mer Noire, comme la Mer Méditerranée et comme toutes les mers intérieures comme un patrimoine collectif, qu'aucune armée de peut contrôler à des fins de chantage économique ?

La Russie et l'Iran disposent de la moitié des réserves mondiales de pétrole et de gaz : céder aujourd'hui c'est se mettre dans les années à venir pieds à poings liés entre les mains de pays dont le nationalisme et le beosin de puissance sont toujours prééminents.

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samedi 23 août 2008

Les militaires morts au combat sont toujours trop jeunes

Il est frappant de constater à quel point nos journalistes ont oublié que toutes les guerres font des morts et que ces morts sont de jeunes hommes quand il s'agit de morts militaires, des femmes, des enfants et des vieillards quand il s'agit de civils.

Faire la guerre, c'est tuer ou être tué, des militaires pour protéger les civils maissouvent aussi des civils, et tout chef d'État qui engage son pays sans rappeler cette évidence ment.

Restent néanmoins deux questions fondamentales à régler vis-à-vis de l'Afghanistan :

  • est-ce que l'intervention militaire internationale et ses victimes tuent des terroristes qui pourrainet mettre en péril les civils européens ou bien s'agit-il d'une guerre de pouvoir interne à l'Afghanistan ?
  • est-il normal de payer des soldats pour se faire tuer à notre place dans une démocratie ?

Je ne suis personnellement pas convaincue que la guerre en Afghanistan soit une véritable guerre cotnre le terrorisme : bien sûr les montagnes afghanes et leurs guerriers peuvent servir de abse arrière mais, plus la guerre dure, plus les achats d'armes augmentent, plus la culture du pavot se développe, plus le risque de conflit généralisé augmente,avec, juste à côté, un Pakistan en instabilité croissante et doté de l'arme nucléaire.

Quand les occidentaux vont-ils enfin cesser cette pratique post-coloniale qui consiste à implanter des soldats étrangers dans un configuration d'appui militaire dans des pays ayant des problèmes internes de démocratie et de paix civile et de plutôt favoriser leur développement économique, voire de former leurs cadres ?

Le revenu tiré par les paysans afghans de la culture du pavot est d'environ 400 millions d'euros par an : avec un euro de contribution par européen, nous pourrions supprimer à la fois un produit toxique mais aussi éviter les trafics qui alimentent les guérillas locales.

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samedi 26 juil 2008

Violences au travail et violences à la maison

Les conditions de travail impactent directement les conditions de vie personnelle et familiale.
L'incapacité à achever les taches prescrites, la peur de perdre son emploi, la mauvaise organisation des temps de pause voire la pression hiérarchique, augmentent de façon considérable le niveau de stress individuel.
Cette violence intérieure, qui pouvait auparavant s'exprimer au sein de la solidarité de l'équipe, comme l'ont très bien montré les psychologues du travail Yves Clot et Christophe Dejours, n'a plus

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lundi 09 juin 2008

L'Europe a-t-elle oublié son idéal de paix ?

Le prochain débat au Parlement européen sur la circulation des étrangers fait frémir : il s'agit véritablement, comme l'ont rebaptisé les ONG, d'une directive de la honte.

Au motif d'harmoniser les législations européennes, il s'agit d'un durcissement sans précédent et d'une fermeture de notre monde riche et vieillissant face au reste du monde, jeune, pauvre et bien souvent en guerre

Ce texte, validé par la commission et le conseil des ministres, prévoit de pouvoir enfermer des étrangers en rétention administrative jusqu'à 18 mois - un an et demi -, d'expulser des mineurs non accompagnés, de renvoyer des personnes malades en traitement.

Aucune protection juridique formelle, aucune procédure de recours,aucune appréciation de la citoyenneté de résidence, qui veut que quelqu'un qui vit dans un pays y construit des liens, y paie des impôts, contribue à sa vie sociale, économique et culturelle, ne peut donc être déplacé comme un animal indésirable, n'est prise en compte.

Est-ce cela l'Europe de la paix que nos grands-parents ont voulu bâtir après le cauchemar de 2 guerres mondiales et de l'extermination des populations déclarées "indésirable" ? Comment l'Europe peut-elle ainsi se transformer en outil d'harmonisation par le bas, prôner la libre-circulation sur son territoire et verrouiller ses portes au reste du monde sur lequel elle a construit sa puissance économique et son développemetn ?

Vous pouvez découvrir et comprendre par vous-même en lisant le texte 

Téléchargement texte_final.pdf

Vous pouvez vous opposer en signant l'appel aux parlementaires européens Non à la directive de la honte, qui a déjà 37 000 signatures venus de nombreuses associations


 
Act Up
Association Primo Lévi (France)
Association Survie (France)
Attac France
Caritas international Belgique
Emmaüs Europe
Emmaüs France
Emmaüs International
Enfants du Monde - Droits de l'Homme
Fédération de l'Entraide Protestante (France)
Fédération des syndicats SUD Éducation (France)
Fédération Protestante de France
Fédération Syndicale Unitaire - FSU (France)
Fondation de l'Armée du Salut (France)
Mouvement de la Paix (France)
Pastorale des Migrants (France)
Secours Catholique / Caritas France
SOS Racisme
Union des Fédérations adventistes de France

mardi 08 avr 2008

La fête du sport doit être utile à la liberté d'expression

Le passage de la flamme olympique à Londres avant-hier, Paris hier, aujourd'hui San Francisco, montre à quel point les citoyens des pays qui ont la chance de bénéficier du droit à la liberté d'expression sont de plus en plus mal à l'aise à l'idée de voir les jeux olympiques, la fête du sport, déjà dévoyée par un hyper-business, se dérouler sur fond d'oppression, d'emprisonnement de journalistes, d'État chinois policier et totalitaire.

Le choix par le CIO de la Chine avait un sens dans la mesure où il permettait justement d'ouvrir ce pays au respect des droits fondamentaux et pas seulement au commerce international.

Moton909Force est de constater que le CIO n'est plus qu'une machine à faire du business, incapable de fixer des règles au pays hôte. Il est tout à l'honneur de tous ces sportifs, garrotés par la charte olympique qui leur interdit toute expression politique, d'essayer néanmoins d'exprimer leur volonté de paix, leur dégout d'être ainsi pris en otage par un pays totalitaire et un CIO sans éthique. Et il est insupportable, dans un pays démocratique, de voir que le passage de la flamme olympique n'est pas géré par le pays d'accueil mais par le service d'ordre chinois et que les policiers français sont ainsi mis aux ordres d'un service étranger : depuis quand la police se permet-elle d'arracher un drapeau quel qu'il soit dans notre pays ?

Il n'est plus maintenant question de boycott mais bien de trouver les moyens de contourner le barrage de la censure chinoise pour faire entendre et voir aux citoyens chinois qu'ils ne sont pas seuls dans le monde à se battre pour leur liberté d'expression. Cela pose la question de trouver les moyens de faire figurer sur toutes les images qui seront prises ou retransmises lors du déroulement des jeux des slogans sur la liberté de la presse, le droit à la liberté de culte et au respect des différences culturelles. Reporters sans frontières a commencé le travail, comment l'amplifier ?

lundi 24 mar 2008

Il vaut mieux être un thon rouge qu'un boudhiste tibétain

Il y a un silence assourdissant autour de la situation non seulement politique mais aussi culturelle au Tibet. Alors que des associations manifestent pour sauver le thon rouge, espèce menacée, que les parlements légifèrent doctement à ce sujet, que des conférence mondiales se déroulent sur la préservation de ce poisson, l'être humain, sa culture, son histoire reste une espèce non protégée.
Drapeau_flottantSur tous les continents, les peuples qui ont eu le malheur de vivre dans des terres riches en matières premières, en énergie et qui n'ont pas su les défendre les armes à la main ont vu leur culture détruite en même temps que leurs traditions de paix car, souvent, s'il n'ont pas été capables de se défendre, c'est parce que leur culture intégrait des principes de non-violence.
Le Tibet en est un exemple, majeur : culture très ancienne, qui a irrigué toutes les civilisations et qui continue à être un lieu ressource à l'échelle du monde, territoire enclavé bourré de matières premières, tradition bouddhiste de la non-violence, tous les ingrédients sont là pour en faire les victimes de prédateurs, prédateurs chinois qui restent enfermés dans leur tradition de domination totale mais aussi prédateurs occidentaux, ceux qui préfèrent se taire pour ne pas rater des affaires... juteuses
Les organisateurs des JO savaient que ce débat aurait lieu lorsqu'ils ont choisi Pékin : pourquoi n'ont-ils pas prévu des conditions, des mesures de représailles ? Au nom du sacro-saint principe diplomatique qui veut que chacun est maitre chez soi ? Alors les Allemands auraient eu le droit d'exterminer les juifs comme les Russes se donnent le droit d'exterminer les Tchétchènes, les Rwandais de se massacrer entre eux, les Israéliens et les Palestiniens de prendre des générations d'enfants en otage de leur haine réciproque et de leur intolérance ?

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lundi 17 mar 2008

Tribunal administratif de Versailles : dernier recours contre l'expulsion

Aujourd'hui, nous étions une quinzaine de Nanterriens, dont 2 élues, à assister à l'audience du tribunal administratif de Versailles pour soutenir un habitant de la commune menacé d'expulsion.
Les quotas d'expulsion , les lois de plus en plus étriquées atteignent dans ce type d'enceinte leur paroxysme. Dommage que le président Sarkozy, qui proclame tellement le devoir de mémoire, ne se souvienne pas que son père a pu s'installer en France quand il a fui la Hongrie sans subir une telle humiliation, un tel mépris. La France des droits de l'homme est détruite par un de ses principaux bénéficiaires.
Une audience lourde, avec une magistrate accueillante et respectueuse mais où, en 30 minutes, sont décrites une errance d'un pays d'origine vers un pays d'arrivée, une vie familiale, des boulots non déclarés, une absence totale de casier judiciaire, des enfants et l'attente, insupportable, d'une décision qui joue leur vie à quitte ou double.
Les audiences sont publiques et mériteraient de figurer dans le programme de tous les fonctionnaires pour les obliger, non pas à ne pas respecter la loi, mais à prendre le temps de chercher par tous les moyens à trouver les éléments de vie qui, comme l'ont démontré un à un les avocats, auraient permis d'éviter une telle situation, le traumatisme familial que représente le risque d'expulsion sans retour possible.

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jeudi 14 fév 2008

Enfants juifs déportés : que deviennent les enfants cambodgiens, arméniens, rwandais, palestiniens, tchétchènes, tibétains, kurdes, argentins et tous les autres ?

Le président de la république vient de nous refaire un numéro de pathos comme il en a le secte - ou l'outrecuidance indécente - à propos des enfants juifs déportés. Il demande que chaque enfant de CM
"adopte" un enfant juif en mémoire de la Shoah.
Au de la de la pertinence pédagogique d'imposer à un enfant de 10 ans de vivre avec le souvenir de la mort d'un enfant de son âge, dont les pédopsychiatres pourront dire si cela apportent une mémoire susceptible d'éveiller les consciences ou au contraire une culpabilité morbide, li y a une ambiance malsaine autour d'une telle propositions :

  • pourquoi privilégier les enfants juifs et occulter tous les autres enfants, dans l'histoire du XXe siècle comme dans le siècle actuel qui sont actuellement victimes de massacres; la machette ou la famine ne sont pas je crois moins efficace que les chambres à gaz;
  • pourquoi privilégier les enfants et oublier leurs familles, tous ces gens sans armes, de nationalité française ou réfugiés en France, qui sont morts avec ses enfants ?
  • pourquoi demander à des enfants de se souvenir des victimes plutôt que des héros, ceux qui ont sauvé des enfants, ceux qui ont refusé de laisser des familles entières être déportées et décimées ,

Oui il faut protéger les enfants et c'est ce que fait le réseau Education sans Frontières, qui se bat bec et ongles pour leur éviter l'expulsion par le même président de la république : un enfant africain serait-il moins digne à protéger qu'un enfant européen ?

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mardi 22 jan 2008

Bourse : qui gagne qui perd quand les cours s'effondrent ?

Quand on n'a pas de placement boursier, on peu regarder avec flegme cette agitation autour de la baisse de 5 à 10% en quelques jours des principales bourses mondiales. Si en plus on a regardé la série Scalp sur Canal+, on peut légitimement se dire que ce jeu d'achat et de vente est un sport particulier pratiqué par quelques excités très loin du monde réel et de notre vie quotidienne.
Il est exact que la plupart de ceux qui sont en contact direct avec les mouvement et les ordres boursiers sont totalement déconnecté de l'économie réelle et en se préoccupent que des flux financiers dans lesquels ils s'insinuent pour jouer et gagner.
Mais il est tout aussi certain que cette déconnexion croissante est extrêmement dangereuse car elle laisse croire que les seules personnes touchées par les cours de la bourse sont ceux qui y ont investi directement, ce qui est parfaitement faux.
L'argent placé ou joué en bourse sert à fiancer des activités économiques, la production de biens et services dont certains de première nécessité, les emplois qui vont avec. 10% de baisse du cours d'une valeur, c'est 10% de baisse de la valeur de l'entreprise et donc deux hypothèses :

  • préserver l'activité économique, les emplois, la capacité de production
  • préserver la rentabilité financière et sabrer les emploi et la capacité de production.

En l'absence de régulation pour rendre très coûteux les mouvements spéculatifs, rien n'empêche de surcroit les plus habiles et les mieux informés, ou ceux capables de manipuler l'information, de jouer à la baisse car,en bourse, on peut gagner quand ça monte mais on peut aussi gagner quand ça baisse.
Bilan de tout cela : le financement de la baisse boursière, provoquée par l'avidité des institutionnels -  grandes banques, fonds de pensions, fonds spéculatifs - qui, par des prêts monstrueux à des braves gens qui ne pouvaient plus se loger, ont gagné à court terme ce que d'autres sont en train de perdre d'aujourd'hui.
Et il y a un véritable enjeu politique et de société de savoir si, pour assainir les marchés financiers, il faut sauver la mise des spéculateurs ou soutenir les productifs et les victimes. L'argent investi cet été par l'Etat américain pour sauver les banques aurait probablement permis d'éviter l'expulsion de tous ceux qui avaient cru dans des promesses fallacieuses et sont maintenant expulsés. 

vendredi 28 déc 2007

A quoi reconnait-on un dirigeant politique intelligent ?

En politique, le choix s'articule toujours sur au moins deux dimensions, le projet et la personne, souvent compliqué d'une troisième, la peur du changement.
Le projet fait en général l'objet de nombreux débats et de document qui, si on prend le temps de les lire, permettent assez aisément de situer les priorités. Par contre, la personne est beaucoup plus difficile à évaluer.
Dans les partis politiques, on dit souvent qu'on peut se tromper la première fois qu'on élit quelqu'un, pas la deuxième car l'exercice du pouvoir est un décapant redoutable des faux-semblants et des affectations.
Qu'attend-on d'un dirigeant politique intelligent ?
d'abord de ne pas croire qu'il détient tout seul les réponses à toutes les questions et donc d'être capable de s'entourer de gens au moins aussi brillants que lui, de respecter leurs compétences et de les mettre en synergie pour construire et faire vivre des politiques publiques de qualité.
Ensuite, un dirigeant politique intelligent s'appuie sur une concertation organisée par des collectifs indépendants de lui et avec lequel il se positionne en négociation, afin d'éviter les effets de cour et de flatterie qui lui laisseraient croire qu'il est génial alors qu'il est détesté.
Enfin, un dirigeant politique intelligent valorise ses alliés voire même ses adversaires car, au lieu de le diminuer, cela montre au contraire sa capacité de recul.
Les différentes constitutions d'équipes en cours, que ce soit au niveau gouvernemental ou dans les négociations municipales telles qu'on les constate, sont particulièrement décevantes sur 'l'intelligence de ceux qui prétendent nous diriger : trop inquiets de leur maîtrise du pouvoir pour accepter des gens qui ne soient pas totalement à leur botte, trop assurés de détenir la vérité absolue et la solution pour accepter la critique, trop infatués d'eux-mêmes pour valoriser autre chose que leurs ambitions, leurs projets, leurs égos.
Il n'y a pas de politique publique efficace, c'est-à-dire de règle commune qui permette à chacun de prendre des initiatives pour gérer sa vie personnelle dans un environnement sécurisé quand le pouvoir politique est entre les mains d'individus refusant tout contre-pouvoir organisé et rêvant de dominer au dessus des nuées.
car cela signifie que nous nous mettons volontairement sous la domination des caprices d'un idnividu et, qu'il soit président de la république ou maire peu importe, le droit d'un homme seul jamais ne peut s'imposer à tous les autres dans un pays libre.

mercredi 19 déc 2007

Les leçons de l'histoire ne sont jamais retenues

"Athéniens, n'attribuez pas aux dieux les maux qui vous accablent; c'est l'œuvre de votre corruption : vous-mêmes avez mis la puissance dans la main de ceux qui vous oppriment.
Vos oppresseurs se sont avancés avec habileté comme des renards, et vous, vous n'êtes que des imprudents et des lâches : vous vous laissez séduire par la vaine éloquence et par les grâces du langage.
Jamais la raison ne vous guide dans les choses sérieuses."
Solon

mercredi 31 oct 2007

Darfour : quand l'abus de déclarations péremptoires conduit au drame

Vous prenez un pays en guerre, qui se bat pour faire reconnaitre son intégrité territoriale.
Vous ajoutez quelques humanitaires claironnant leurs bonnes intentions et suffisamment persuasifs pour lever des fonds rapidement.
Vous mélangez et surtout, vous arrosez consciencieusement de déclarations politiques péremptoires, confondant la diplomatie - l'art de la négociation, rarement efficace quand il n'y a pas de discrétion - et le spectacle .
Vous saupoudrez des images en boucle sur des enfants affamés, blessés, pris en otages de toutes ces guerres d'adultes dont on ne sait même plus parfois ce qui les a causées et pourquoi elles continuent
Et vous vous retrouvez avec un véritable drame, des humanitaires au mieux inconséquents, au pire malhonnêtes en prison au Tchad, risquant 4 à 20 ans de travaux forcés, condamnés par les représentants de leur propre pays avant même que l'enquête ne soit achevée et, surtout, un équipage d'avion et des journalistes assimilés à ces mêmes humanitaires alors qu'ils faisaient leur métier sans être partie prenante du projet, sur fond de rumeurs de pédophilie et de trafics d'organes.
Bilan de cette gestion politique calamiteuse :

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vendredi 19 oct 2007

Regroupement familial : tout faire pour éviter les conjoints étrangers et leurs enfants

Vous avez signé la pétition anti ADN ?
Vous ne l'avez pas signé mais cette mesure vous gêne ?
La chasse aux familles en situation irrégulière vous pertube ?
Lisez donc le rapport de la commission mixte partenaire qui est en train de construire les conditions du vote d'une loi faite en notre nom pour éviter les regroupements familiaux et dissuader les français d'épouser des étrangers et les étrangers qui vivent en France d'assumer la responsabilité de leur famille restée au pays, 

Téléchargement rapport_mariani.pdf

Et, après l'avoir lu, imaginez que ce soit vous qui alliez à l'étranger, que vous y travailliez et que votre famille doive subir ce type de contraintes pour juste avoir le droit de vivre avec vous. Moi, j'ai honte et vous ?

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