Le vote de la loi sur le CPE a mis en ébullition l'université Paris X Nanterre :
- les étudiants d'une université en sciences sociales, beaucoup plus vulnérables au chômage et à la précarité que les ingénieurs ou les techniciens supérieurs,
- les enseignants, fortement conscients des enjeux historiques de la construction du droit du travail et des conséquences sociales de son démantèlement,
- le personnel administratif souvent issu de contrats précaires
Le principal débat n'est pas pour ou contre le CPE, ce contrat suscite une très large majorité contre lui mais bien pour ou contre le blocage comme meilleur moyen de se faire entendre. En effet, la grève des étudaints n'est visible que si elle bloque le processus de production... des enseignants. En outre, les jeunes ne sont pris au sérieux dans leur citoyenneté que s'ils démontrent leur capacité à exprimer pacifiquement leurs revendications. Tout dérapage, toute manifestation violente est considérée comme une immaturité politique alors qu'elle est prise très au sérieux quand il s'agit d'agriculteurs ou de chasseurs, dont le montant des dégâts est au moins aussi élevé, voire pire.
Les étudiants de Paris X Nanterre sont parfaitement matures et conscients des risques de tout dérapage, de toute provocation. Ils se sont organisés pour ne aps se faire récupérer ou manipuler par des groupes extrémistes et faire entendre par eux-mêmes leurs analyses et leurs revendications, avec un déroulement régulier d'assemblées générales.
Le conseil d'administration, dont je fais partie, a lui aussi pris ses responsabilités en demandant le retrait du CPE et la mise à disposition de locaux clairement identifiés pour permettre aux étudiants de déabttre dans des conditions pacifiques et démocratiques. Le président de l'université a publiquement porté la position du conseil d'administration, malgré les pressions de l'Etat. Faute de pouvoir en toute sécurité organiser un referendum, il a fait le choix de fermer l'université pour protéger les étudiants de menaces extérieures à l'établissement. Le prochain CA extraordinaire de lundi aura à statuer sur la suite de ce mouvement et ses conséquences sur le focntionnement de l'université et le déroulement des examens.
La raidissement du Premier Ministre, arc-bouté sur ses certitudes de haut focntionnaire qui n'a jamais signé un contrat de travail ni subi un licenciement, conduit directement à l'affrontement public et au conflit social. Peu de voix s'élèvent pour le soutenir à l'exception de ceux qui sont liés par le pacte de majorité parlementaire, dont l'UDF elle-même ne cesse de s'affranchir.
Où sont les employeurs enthousiastes par cette nouvelle possibilité de se développer en recrutant des salariés jetables ? Même la puissante UIMM (Union des Industries métallurgiques et Minières) a recommandé à ses adhérents de ne se servir de se servir de ce nouveau contrat qu'avec une extrème prudence. L'insécurité juridique n'a jamais favorisé le développement économique, surtout quand les enjeux de qualité et de traçabilité ne sont pas compatibles avec un turn-over accéléré des salariés.



ShareThis


Les commentaires récents