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jeudi 02 juil 2009

Sarko show à La Défense : avant moi De Gaulle, depuis que des nuls

Mardi 30 juin j'ai assisté à un grand spectacle de la Sarkozie.

Pourquoi appeler cela ainsi alors qu'il s'agissait d'une visite du Président de la République sur le site de La Défense ? Parce justement ce n'était pas une visite du Président de la République.

C'était une mise en scène télévisuelle où il ne manquait que les panneaux "applaudissez" au moment fatidique et, de mon point de vue, cela dégrade la fonction présidentielle et lui fait perdre ce qu'elle doit incarner : la distance, le recul, l'équité. J'ai déjà du mal avec la mise en scène de pseudo tables rondes des meetings politiques, alors là, j'ai vraiment découvert qu'il pouvait y avoir pire.

Imaginez la grande salle du CNIT rénovée, avec une nuée de policiers, contrôle des identités, fouilles des sacs et portiques pour les 2 000 à 3 000 invités se présentant sagement à la queue leu leu afin de pouvoir rentrer avant 10h30, heure impérative marquée sur le carton de consignes à respecter joint à l'invitation.

Les conviés étaient tout ce que le département compte d'UMP distingués (il y en a pas mal dans les Hauts-de-Seine) plus, par obligation républicaine, les conseillers régionaux et le seul maire de gauche siégeant dans les CA  de La Défense, plus des chefs d'entreprise.

Résultat : 95% de costard-cravates, une sélection de quelques notables économique en fond de décor pour le président, décor égayé de deux ou trois jeunes femmes représentant la diversité dans l'axe des caméras, les gloires UMP Karoutchi, Pasqua, Ollier, Balkany, et j'en oublie, assis au premier rang mais hors axe des caméras, et le reste sagement parqué... jusqu'à 11h15.

Au centre, une table blanche rectangulaire, éclairée par des spots maousses et coiffée d'un dais, genre lit à baldaquin, avec de petits cartons pour bien faire asseoir à la bonne place ceux qui auraient le droit de causer.

Arrivée du président et d'une nuée de gros bras qui, en plus bouchent la vue, et démarre alors une caricature de  show à la Serge Moatti, avec Patrick Devedjian dans le rôle de l'animateur qui pose des questions pas si gentilles que cela et aimerait bien, monsieur le président, obtenir enfin des réponses de tous ces gens là.

Ces gens là, ce sont les présidents de la RATP, de la SNCF, du STIF (c'est le même que celui du Conseil régional mais cela aurait fait mal de laisser croire qu'il pouvait y avoir une autre légitimité démocratique sous le dais impérial).

Quelques témoignages de victimes de ces gens là, des entreprises, le président d'Unibail, celui d'une grande surface qui voudrait tellement que les étudiants puissent plus souvent travailler le dimanche et le Président de la République embraie sur le thème " c'est pas possible, il faut que je me déplace pour que ça marche" et "j'ai dû faire ouvrir un grand magasin boulevard Haussman, pour que Mme Obama puisse faire des courses avec ses petites filles, on est vraiment un pays arriéré mais croyez-moi, je suis là et cela ne va pas se passer comme ça"

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mardi 30 juin 2009

Etats généraux de la formation : armer les Franciliens face à la crise et à un avenir incertain

Vous trouverez ci-dessous l'intervention de Jean-Paul Huchon en clôture :

Mesdames et Messieurs,

En organisant pendant plus d’un mois ces Etats généraux des formations, j’ai conscience de l’importance des enjeux que nous avons tous collectivement soulevés, de réunions en réunions : l’exclusion sociale des jeunes franciliens, la déqualification des séniors dont on veut trop souvent se débarrasser avant l’âge légal de la retraite, la réticence des entreprises à recruter des jeunes diplômés, même quand ils sont titulaires d’un doctorat, la désertification médicale, une désertification qui ne touche pas que les zones rurales mais également nos banlieues …. Ces enjeux sont essentiels. Ils sont tout sauf théorique. Tous les franciliens, quelques soient leur âge, leurs conditions sociales, le lieu où ils habitent, sont concernés.

La situation sans précédent que nous vivons n’a pas changé la donne. Bien au contraire. La crise qui frappe la planète depuis la rentrée a encore accentué l’ampleur des problèmes. Les jeunes sont les plus touchés par l’augmentation très importante du chômage. En un an, le chômage des jeunes a bondi en France de 32 %. La France est plus que jamais le pays qui affiche l’un des taux d’emploi des séniors les plus bas au monde. Et le débat actuel sur la remise en cause de la retraite à 60 ans ne va pas arranger les choses.

Je ne noircis pas le tableau par plaisir. Le pacte social de l’après guerre qui s’est construit entre les générations est en train de se défaire à très grande vitesse. Je sais que le Président de la République a affirmé à Versailles que le modèle français avait de nouveau sa chance avec la crise. Je partage ce sentiment. Le problème, c’est que je ne sais pas de quel modèle français on parle ? Continuer à exclure les jeunes sans qualification, est-ce un modèle ? Arrêter l’amélioration des conditions de travail des plus de 50 sous prétexte qu’ils sont des poids morts pour les entreprises, est-ce un modèle ? Non. Deux fois non. La réalité du modèle français, c’est qu’il segmente les âges à l’extrême. D’un côté, on ne veut pas intégrer les jeunes. De l’autre, on ne veut plus des séniors. Cette logique n’est pas bonne. Je n’ai pas peur de dire que cette logique est criminelle. 

Le monde a changé. Les cycles de la vie se sont transformés. Le pacte social qui a été construit dans l’après guerre (pour dire vite : la formation aux jeunes, le travail aux adultes, la retraite aux personnes âgés) n’a plus court aujourd’hui. Le temps de la formation n’est plus réservé aux seuls jeunes. Le temps de la formation, des formations, concerne tous les âges de la vie. La société de la connaissance a tout bousculé sur son passage. Pour le meilleur mais il faut aussi oser le dire parfois pour le pire.

Le schéma des formations tout au long de la vie que la Conseil régional a adopté il y a maintenant deux ans prend avec les circonstances actuelles une résonnance nouvelle. A l’image des modèles scandinaves, ce schéma rompt avec beaucoup de choses : avec la tyrannie des âges – notre schéma substitue à la notion d’âge celle de parcours individualisé-, avec la fatalité de l’échec -  notre schéma part du présupposé simple qu’il faut toujours accorder une deuxième, une troisième chance-, avec le cloisonnement entre les structures, - notre schéma prône avant tout la construction de passerelles-,  avec le culte de l’employabilité – notre schéma anticipe les transformations actuelles du monde du travail, identifie les besoins de formations de demain-,  ce schéma rompt enfin avec la culture du chacun chez soi – notre schéma repose en effet sur la notion pour moi essentielle de partenariat-.

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mercredi 24 juin 2009

Connaissez-vous les actions du Conseil régional d'Ile-de-France ?

Le conseil régional vient de mettre en ligne un nouvel outil, plus ludique, pour mieux connaitre les différentes politiques régionales.
RTEmagicC_ville500.jpg
Cette représentation, disponible à l'adresse suivante http://www.iledefrance.fr/Ville2009/index.php, vous permet, pour chaque grand domaine de politique, de disposer des principales informations sur les politiques publiques menées.

 Transports en commun, lycée, logement, formation professionnelle… La Région agit dans les domaines qui concernent les Franciliens au quotidien. Un nouvel outil animé mis en ligne ce 24 juin permet de mieux connaître les compétences du conseil régional : la ville interactive.

Concrètement, cette ville entièrement animée permet de représenter 40 actions de la Région, de façon simple et ludique : un RER au départ d’une station, un club de football, un groupe de musiciens sur scène, une crèche pour les tout-petits, un Centre de formation des apprentis, une pépinière d’entreprises, le réseau haut débit, des logements sociaux… Sur toutes ces actions marquées d’un point rouge, il est possible de consulter une fiche proposant des informations complémentaires (chiffres, photos, vidéos, liens).

vendredi 19 juin 2009

Burqa : le regard des hommes

En 1978, mon père travaillait en coopération en Iran et j'y suis allée en vacances avec une amie. Nous étions à quelques jours du début de la révolution iranienne, les tensions étaient fortes, le ras-le-bol du comportement indécent d'une élite bling-bling avaient radicalisé les positions morales et religieuses.

Pour pouvoir visiter les mosquées, nous avions 19 ans, nous étions accompagnées par un Iranien et nous avons respecté les prescriptions culturelles du pays dans lequel nous nous trouvions : pour visiter les mosquées, superbes,  nous avons porté le voile des iraniennes, ce grand voile noir accroché entre les dents, qui ne laisse apparaitre qu'un œil et couvre tout le corps.

J'ai alors découvert ce que l'on ressent quand on est ainsi empaqueté dans un grand sac noir.

Et je dois vous dire ma grande surprise devant le sentiment de paix que j'ai ressenti à ne plus sentir sur moi les regards des hommes et les commentaires, souvent manifestement obscènes, auquel nous avions droit parce que  nous étions femmes et jeunes, à chaque fois que nous nous promenions dans la rue, même si nous étions habillées de façon très décente (pantalon et tunique manches longues) et accompagnées d'un interprète, donc d'un parrainage masculin.

Interdire la burqa ne résoudra pas ce problème fondamental : la difficulté, pour un certain nombre de femmes et en particulier les jeunes femmes, de pouvoir se promener dans des lieux publics sans être l'objet de regards, de mots, voire de gestes qui sont autant d'atteintes à leur vie privée. Quelle jeune femme ne peut vous raconter son hésitation à marcher dans la rue le soir, attendre au comptoir de certains cafés, se rendre dans des lieux professionnels à majorité masculine ?

Car le vrai problème, ce n'est pas le comportement des femmes comme le stigmatisent certains religieux de tous bords, c'est l'incapacité d'un certain nombre d'hommes à conserver pour leur vie privée leurs désirs, leurs commentaires et à ne pas prendre en otage de leurs fantasmes ou de leurs besoins de domination les passantes, en particulier quand elles sont jeunes et timides.

Regardez ce que supportent les adolescentes qui rentrent chez elles le soir dans les gares ou dans certains quartiers et vous comprendrez mieux pourquoi elles peuvent choisir

Plutôt que d'interdire, solution qui radicalise sans éduquer, nous devons redonner aux femmes qui se cachent le coruage de se montrer, nous devons réclamer que les religieux, dans un pays de droit et d'égalité prennent en compte l'éducaiton des  garçons et le respetc qu'ils doivent avoir dans leurs comportements publics et privés.

Et nous devons  sanctionner les comportements obscènes ou machistes et les contraintes  vestimentaires qui ne seraient pas choisies : le film "la jupe" a rappelé combien il était difficile d'être identifiée comme femme sans être traitée de pute, ne nous trompons pas de combat.

jeudi 18 juin 2009

Pôle Emploi : salariés et demandeurs d'emploi solidaires des dysfonctionnements de la fusion

Il ne faut pas s'y tromper : la grève aujourd'hui des salariés de Pôle Emploi n'est pas une grève corporatiste. C'est un cri d'alerte et de désespoir sur les conditions dans lesquelles ils doivent faire face à la hausse du chômage.

Cela fait maintenant plus d'un an que je siège au conseil d'administration de l'instance provisoire puis du nouvel établissement issu de la fusion entre l'ANPE et les ASSEDIC. Force est de constater la difficulté à débattre de façon intelligemment des besoins des demandeurs d'emploi, des employeurs en recherche de personnel et des salariés. Du coup, avec l'augmentation massive mais prévisible depuis l'été dernier, du nombre de demandeurs d'emploi, ce qui était au départ un manque d'imagination est en train de piéger à la fois les salariés et les demandeurs d'emploi.

Pôle Emploi est une entreprise de services et non une administration de gestion de procédures. Autant on peut comprendre que l'indemnisation fasse l'objet d'un process normé, rigoureux car il s'agit de garantir aux cotisants, nous tous, la bonne gestion des fonds, autant l'accompagnement et l'aide à la recherche d'emploi ne peuvent être considérés comme une injonction permanente où l'on dit à la fois au personnel et aux demandeurs d'emploi "ayez des résultats" tout en ne leur laissant aucune marge d'initiative sur les moyens pour y arriver.

Il y a des demandeurs d'emploi qui ont juste besoin de la couverture de sécurisation temporaire qu'offre l'assurance-chômage à laquelle ils ont cotisé : ce sont souvent des professionnels expérimentés, dans des secteurs où la mobilité est la règle.

Mais il y a aussi beaucoup de demandeurs d'emploi pour lesquels le passage par la case chômage est à la fois un traumatisme moral, car il les fait passer brutalement dans une forte insécurité personnelle et familiale, mais aussi une remise en cause professionnelle car ils découvrent alors que leurs métiers, leurs diplômes, leurs compétences, leur âge sont peu valorisés sur le marché du travail. 

Pour tous ces demandeurs d'emploi, qui vont devoir faire l'effort d'une remise en question importante, il est indispensable que les conseillers Pôle Emploi puissent être dans une logique d'offre de services dés l'inscription, poru leur proposer des prestations plus approfondies, depuis le repérage des modes de recrutement dans leur métier jusqu'au bilan professionnel, en passant par la rédaction d'un CV ou d'une lettre de motivation, la situation du marché de l'emploi en proximité ou à distance, les possibilités de validation des acquis de l'expérience ou de formation de reconversion.

Le 1er trimestre d'inscription devrait donc être un moment d'activité intense, individuelle et collective, pour construire une dynamique de recherche. Au lieu de cela, une fois le premier entretien ayant calé l'indemnisation et un projet personnalisé, plus de  rendez-vous avant le 4e mois au motif (comptable) que 30% des demandeurs d'emploi trouvent tout seuls. Sauf que ceux qui ne trouvent pas et se sentent totalement démunis dépriment, que l'orientation vers la formation est faite très tard et donc plus compliquée à financer et que cette tension se répercute sur les violences commises sur les agents et leur sentiment profond d'inefficacité.

Pourtant, les dégâts y compris en termes de durée de chômage mériteraient d'être calculés pour ceux dont l'humanisme et le respect de personnes difficulté doit être validés par des considérations budgétaire : le chômage longue durée a un coût collectif faramineux.

Alors oui je comprends la colère des personnels : pas de recrutement à la mesure de l'augmentation du chômage, pas de solutions formations pour permettre reconversions et transitions face à la baisse des offres d'emplois, des conditions de travail qui sont enfermées dans des procédures, un portefeuille par agent qui explose et une absence totale de culture du partenaires local, pour s'appuyer sur les réseaux de collectivités locales et d'associations afin de construire des passerelles.

Quelques exemples de décisions récentes : 1800 postes en cours de recrutement, les 2/3 pour les contrats de transition qui en représentent qu'une toute petite partie de l'augmentation des inscrits ! Un appel aux opérateurs privés qui coûte 3 fois plus chers en financements publics que des personnels stables ! Aucune anticipation collective des conséquences de l'augmentation de la durée du chômage, chômeurs inscrits depuis 1 an et qui arrivent en fin de droits sans espoir de trouver à court terme et chômeurs inscrits récemment qui vont découvrir en septembre que ils doivent s'installer dans un chômage beaucoup plus long que prévu.

Car les suppressions d'emploi sont aujourd'hui des disparitions d'établissements ou d'entreprises et la reprise va être longue. Les victimes de cette crise des profits et des profiteurs ont droit à notre solidarité, à un service d'accompagnement respectueux et de qualité, avec des personnels disponibles et informés. La grève d'aujourd'hui n'est que le premier symptôme d'une colère et d'un désespoir qui va aller en s'amplifiant si le gouvernement et Pôle Emploi restent dans les effets d'annonce et les pseudo-mesure de solidarité, ni les personnels ni les demandeurs d'emploi, ni les élus locaux de tous bords ne sont dupes.

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